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#Critiq'Express (sans spoiler) : EUPHORIA, l'adolescence désenchantée !

Mis à jour : janv. 11



Euphoria est l’unique série adolescente du catalogue OCS, disponible depuis juin 2019 et le moins que l'on puisse dire c'est qu’elle a fait coulée beaucoup d’encre depuis le début de sa diffusion. Produite par Drake, cette série a tout de suite attirée l’attention avec sa réalisation ultra léchée, ses scènes très "provoc" et pour rythmer tout cela, une bande son de dingue, bourrée de tubes et de reprises sophistiquées.


Adaptée d’une série israélienne et inspirée de la jeunesse de son créateur Sam Levinson, fils du réalisateur Barry Levinson à qui l’on doit, entre autres : Good Morning Vietnam ou encore Rain man rien que çà, Euphoria est une série Teen Drama en 8 épisodes qui relate le quotidien de jeunes lycéen.nes américain.es, dans une débauche de maquillage flash, de drogue, d’alcool, de sexe, de violence, d’armes à feu et de prostitution. Ici, quasiment aucune légèreté, c’est avant tout une vision sombre, brutale et déprimante de l’adolescence moderne qui nous est servie.

La série annonce d'ailleurs la couleur dès le monologue initial : Rue est née le 11 septembre 2001. Sa génération, c'est celle de la peur du terrorisme, des fusillades dans les écoles, de la crise de 2008, de la montée des extrêmes, du harcèlement en ligne et de l'accélération du réchauffement climatique. Bref, c'est une génération où règne l'anxiété et où le droit à l'insouciance n'existe plus. Vous l’aurez compris, on est loin d’Hélène est les garçons !

On suit donc l’histoire de Rue Bennet, joué par Zendya, issue de Disney Channel, que vous avez pu voir dans les 2 derniers Spiderman ou comme Egérie pour une Parfum Lancôme. Après un séjour dans un centre de désintoxication, elle fait son retour au lycée. Le jour de la rentrée, elle fait la rencontre de Jules, une jeune adolescente trans, avec qui elle commence à tisser des liens très forts. Les deux jeunes femmes, ainsi que leurs camarades de classes et amis, évoluent dans un univers où la jeunesse n'a presque plus de tabou : les relations amoureuses se défont aussi vite qu'elle se font, les réseaux sociaux sont omniprésents, les névroses et secrets de chacun sont exposés aux yeux de tous et la drogue est facile d’accès.

J’ai été vraiment été convaincu et touché par le personnage principal, cette Rue désenchantée et perdue qui nous raconte ses turpitudes. Mais c’est surtout le personnage de Jules, joué Hunter Shafer, lumineux, fascinant et intelligent dont la transsexualité nous est présentée avec un naturel et un pragmatisme particulièrement juste, sans maladresse et sans négliger les aspects propres à son identité transgenre.


Je vous recommande vraiment de regarder cette série dont le fond, comme la forme ne vous laisseront certainement pas indifférent, même si on retrouve quelques personnages un peu cliché : l’athlète décérébré, la fille complexée et mal aimée, l’ados perfectionniste, l’ados qui hésite entre le bad boy et le gentil maladroit, tous ces personnages sont très bien interprétés, et ils font preuve, la plus part du temps, d'une intensité au dessus de la moyenne. L’esthétisme, la bande son et l’approche assez cru du quotidien de ces jeunes personnages ou la technologie est omniprésente dans leur rapport avec autrui, ne vous laissera pas de marbre.

Cette série est comme un coup de point dans la figure qui vous réveille sur notre société d'aujourd'hui mais qui, heureusement, garde un certain optimisme sur l'avenir de cette jeunesse...


#ocs #hbo #serie #svod


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